Chapitre 4 : Les portes de l’ennui
L'Ile Rousse
Aujourd’hui nous décidons de partir à l’assaut de L’Ile Rousse et se promener dans les montagnes , ce qui nous promet une centaine de kilomètres de paysage (Boucle 1) . Mais avant cela ravitaillement en eau, car les bouteilles filent à une vitesse ahurissante. A peine parqué devant le SUPER U je me rends compte que la voiture ne se ferme pas… la goutte perle sur mon front alors que la troupe s'en va caddy en main.
Des flashs me reviennent tout à coup, surtout notre voyage en Bretagne et les péripéties auxquelles nous avons dû faire face. Mais l’heure n’est pas à la rêverie, je fais le tour du véhicule et toutes les portes sont bloquées sauf le coffre. Pourquoi ce genre de fantaisie automobile se manifeste toujours en vacances et non à 5 kms de mon domicile ?
Avant de contacter l’univers entier pour faire part de mon désarroi et crier ma détresse, je tente l’approche du premier garage trouvé par le gps. Devant l’enseigne, je m’arrête et m’approche de monsieur Graziani, cheveux poivre et sel, le teint bronzé aux rides proéminentes. " Bonjour monsieur, pouvez-vous m’aider, je cherche le garage BMW le plus proche ». La mine déconfite, la sueur perlant sur son front, il fait un signe désespéré en balançant sa tête de gauche à droite. « Mon pauvre monsieur, je suis désolé mais il vous faudra aller jusqu’à Bastia ou Ajaccio pour trouver les deux seuls garages de la marque, qui appartiennent d’ailleurs tous les deux à monsieur Bernardini ..."
Nous passons à Bastia dans deux jours, tant pis, la famille prendra donc le pli de passer par la porte conducteur, la seule pouvant s’ouvrir manuellement. Et de me dire « pauvres propriétaires qui doivent se taper des centaines de bornes à travers les montagnes pour aller faire l’entretien de leur véhicule ! »  |